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Tag Archives: agroalimentaire

  1. santé.gouv.fr

    PNNS 5 (2026-2030) : un nouveau cycle pour la politique nutritionnelle française

    PNNS 5
    Crédit photo @santegouv.fr

    PNNS 5 (2026-2030) : un nouveau cycle pour la politique nutritionnelle française


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    Préambule





    Publié le 7 avril 2026 à l’occasion du One Health Summit de Lyon, dans le cadre de la présidence française du G7, le 5e Programme National Nutrition Santé (PNNS) referme un cycle de plus de vingt ans de politique nutritionnelle et en ouvre un autre, plus resserré et plus institutionnalisé car désormais arrimé à un cadre stratégique global. Pour les acteurs de l’agroalimentaire, de la distribution et de la restauration, ce texte n’est pas une rupture spectaculaire, mais il dessine, à bas bruit, un horizon réglementaire qui se précise. 

    Trois ans après l’échéance théorique du PNNS 4 (2019-2023), le PNNS 5 paraît avec un retard désormais habituel mais non moins significatif. Sa publication intervient deux mois seulement après celle de la SNANC (Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat), dont il constitue le bras armé opérationnel sur le volet nutrition-santé. C’est la première fois qu’un PNNS s’inscrit dans un cadre législatif intégrateur (celui de la loi Climat et Résilience de 2021) et c’est probablement la nouveauté la plus structurante du texte.

    Le choix du One Health Summit comme cadre de lancement signale une volonté politique d’inscrire la nutrition française dans une approche globale « Une seule santé », reconnaissant l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale. Cette mise en scène internationale tranche avec la publication discrète, sans conférence de presse, de la SNANC en février dernier.

    Elle donne au PNNS 5 une visibilité que le texte précédent n’a pas eue.

    Le PNNS 4 comptait 56 actions structurées selon 5 axes. Le PNNS 5 en compte 20, regroupées en 3 axes, auxquelles s’ajoute la déclinaison opérationnelle de 33 actions SNANC (sur 85 actions).

    Cette apparente simplification traduit moins un appauvrissement qu’un recentrage assumé. Deux mouvements structurent ce resserrage :

    • l’activité physique sort du PNNS pour rejoindre la Stratégie Nationale de Sport-Santé 2 (SNSS 2), faisant du programme un dispositif explicitement centré sur la nutrition au sens alimentaire ;
    • et l’obésité est confiée à une feuille de route dédiée (DGOS), le PNNS conservant la prévention mais plus la prise en charge.

    La nomination du Pr Mathilde Touvier comme personnalité qualifiée à la présidence du PNNS 5 mérite d’être lue pour ce qu’elle est : un choix de continuité scientifique et de signal politique.

    Continuité, parce qu’elle dirige aujourd’hui l’EREN, l’équipe fondée par Serge Hercberg, père du PNNS, du Nutri-Score et de la cohorte NutriNet-Santé.

    Continuité encore, parce que ses travaux en épidémiologie nutritionnelle (une discipline fondée sur l’observation de corrélations et la formulation d’hypothèses) ont largement contribué à mettre à l’agenda public les liens entre alimentation et santé, en particulier autour des aliments ultra‑transformés ces dernières années. Le Pr Serge Hercberg lui-même a salué publiquement cette désignation sur X dès le 9 avril.

    C’est aussi un signal politique. Mathilde Touvier est une chercheuse engagée et médiatisée, dont les prises de position publiques sur le Nutri-Score obligatoire, la régulation du marketing alimentaire ciblant les enfants ou le périmètre d’évaluation des agences européennes sont connues.

    Sa nomination concentre autour d’une même figure la recherche épidémiologique (EREN), la célèbre cohorte française NutriNet-Santé, l’outil d’orientation des choix alimentaires (Nutri-Score) et désormais le pilotage politique du PNNS 5.

    Une cohérence pour certains, une centralisation qui interroge pour d’autres. Son éditorial fixe d’emblée quatre priorités : généralisation du Nutri-Score, réduction de l’exposition aux AUT, promotion du bio, encadrement du marketing alimentaire auprès des enfants. L’ordre n’est pas neutre. Pour les acteurs économiques, ce profil de présidence augure d’un dialogue exigeant.

    Mathilde Touvier insiste néanmoins sur la nécessité d’une gouvernance multi-acteurs intégrant industrie, distributeurs, société civile, professionnels de santé et collectivités.

    Le PNNS 5 durcit plusieurs curseurs : les objectifs sur le surpoids infantile sont sensiblement rehaussés, la prévention de l’obésité pédiatrique est destinée à devenir Grande cause nationale d’ici 2030 et le Nutri-Score se voit fixer pour la première fois des cibles chiffrées de couverture et d’usage. Son extension au non préemballé et à la restauration hors foyer est testée.

    Le marketing alimentaire ciblant les enfants se voit ajouter une dimension géographique, la proximité des écoles, qui ouvre la voie à des restrictions inspirées du modèle britannique.

    La réduction des sucres dans les produits enfants (tels que les viennoiseries, pâtisseries, biscuits et gâteaux industriels) entre dans une logique d’accord collectif de filière, assortie d’une menace réglementaire en cas d’insuffisance des engagements volontaires.

    L’angle mort reconduit, c’est celui des aliments dits ultra-transformés (AUT). Désignés comme « enjeu majeur », ils ne font l’objet d’aucune mesure opérationnelle propre. Le texte renvoie à la SNANC, qui mandate l’Anses pour établir une définition opérationnelle. Ce manque était un grief central des associations de consommateurs lors de la publication de la SNANC, et il se reconduit ici. Avec une présidente très mobilisée sur la question des AUT, cette absence interroge : préparation d’un terrain réglementaire à venir, ou prudence assumée face à un sujet scientifiquement complexe et politiquement explosif ? Les deux lectures sont défendables.

    Plusieurs chantiers vont par ailleurs produire des effets concrets dans la durée : révision des messages sanitaires, intégration de critères de durabilité dans les repères nutritionnels, encadrement réglementaire de la qualité nutritionnelle de l’offre en crèches, sensibilisation aux risques liés aux compléments alimentaires sans suivi médical. Chacun de ces dossiers ouvrira un espace de dialogue (et de positionnement) pour les filières concernées.

    La logique de demande d’engagements volontaires avec menace réglementaire en cas de non-atteinte, déjà à l’œuvre dans la SNANC (voire dans le PNNS 4) devient le mode de pilotage dominant. Elle offre paradoxalement aux acteurs une forme de prévisibilité : on sait désormais quels sujets feront l’objet d’une négociation volontaire, et lesquels basculeront dans la contrainte si les engagements ne tiennent pas. 6 dossiers méritent une vigilance particulière :

    • Sucres dans les produits enfants (action n°1) : la négociation de l’accord collectif avec la filière sera le premier test grandeur nature de cette méthode.
    • Publicités pour les produits gras, sucrés et salés destinés aux enfants (action SNANC n°30) : Dispositions volontaires demandées, aiguillées par la Charte alimentaire ARCOM 2025-2029, suivies de menaces règlementaires.
    • Publicités à proximité des écoles (action n°6) : la définition du périmètre géographique conditionnera la portée réelle de la mesure.
    • Marketing pour les substituts de lait maternel (action n°13) : Mesures règlementaires envisagées en cas de non-respect du Code International de commercialisation.
    • Transition industrielle vers une offre alimentaire plus saine et durable (action SNANC n°20) : Volonté de signer des accords ambitieux avec le secteur alimentaire, suivi de menaces règlementaires.
    • Aliments ultra-transformés (action SNANC n°75) : la définition opérationnelle attendue de l’Anses ouvrira potentiellement la voie à des « mesures de gestion en santé publique » dont la nature reste à préciser, mais dont l’impact pourrait être significatif sur des pans entiers de l’offre de produits élaborés.

    Le PNNS 5 a la cohérence pour lui. Il a aussi la lucidité d’introduire une « clause de revoyure » inédite, qui adaptera ses objectifs aux résultats de l’étude Albane attendus en cours de programme (à partir de 2027-2028 selon le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP)), une manière d’assumer que la science doit pouvoir corriger la décision politique en cours de route.

    Pour autant, le PNNS, comme la SNANC avant lui, reste un texte d’orientations. Sa réussite dépendra de trois facteurs que les programmes précédents ont rarement réunis : des moyens budgétaires explicites, un alignement réglementaire et une coordination effective entre PNNS 5, SNANC, PNA 4, SNSS 2 et feuille de route Obésité. À défaut, le risque est connu, celui d’une politique nutritionnelle qui empile les ambitions sans transformer les indicateurs.

    Pour les acteurs économiques, les chantiers structurants (Nutri-Score, AUT, marketing enfants, durabilité, petite enfance) ne sont plus des « sujets émergents » mais des sujets d’anticipation.

    Les acteurs qui se positionneront tôt sur ces axes, en se dotant de démarches crédibles et mesurables, gagneront sur trois tableaux : différenciation commerciale auprès des consommateurs, crédibilité dans le dialogue avec les pouvoirs publics et réduction de l’exposition au risque réglementaire. Ceux qui attendront que la contrainte tombe découvriront que la fenêtre d’adaptation s’est entre-temps refermée.


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    Avis ANSES

    Note de décryptage 

  2. SNANC

    SNANC 2025-2030 : Une stratégie attendue, enfin publiée mais déjà contestée

    SNANC
    Crédit photo @agriculture.gouv.fr/SNANC-20252030

    SNANC 2025-2030 : Une stratégie attendue, enfin publiée mais déjà contestée


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    Préambule





    Le 11 février 2026, avec plus de deux ans de retard, le gouvernement a publié la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) 2025-2030, cadre directeur de la politique alimentaire française, articulant pour la première fois santé publique, transition écologique et souveraineté alimentaire. 

    Pour les acteurs de l’agroalimentaire, de la grande distribution et de la restauration hors foyer, ce texte dessine un horizon réglementaire qu’il convient de ne pas sous-estimer.

    La SNANC dresse un bilan préoccupant : les maladies chroniques liées à l’alimentation sont responsables de 80 % des décès prématurés par maladies non transmissibles, 17% des adultes sont obèses, un tiers en surpoids.

    Sur le plan comportemental, 87 % des Français consomment insuffisamment de légumineuses, 72 % ont un apport non suffisant en fruits et légumes, et 63 % dépassent les seuils recommandés pour la charcuterie.

    À l’inverse, la consommation d’aliments transformés ne cesse de progresser, au détriment des produits qualifiés de bruts.

    Sur le plan environnemental, l’agriculture représente 20 % des émissions de GES nationales, les produits d’origine animale concentrant à eux seuls 61 % de l’empreinte carbone alimentaire des ménages.

    La FAO évalue les coûts cachés du système alimentaire français à 177,5 milliards d’euros, dont 134 milliards imputables aux seules pathologies chroniques.

    La SNANC s’articule autour de quatre axes et 85 actions, dont 14 qualifiées de « phares » à mettre en œuvre dès 2026.

    Plusieurs mesures méritent, selon nous, une attention particulière des acteurs des filières :

    • Sur la qualité de l’offre, des accords collectifs révisés fixeront des seuils maximaux en sel, sucres et graisses et des seuils minimaux en fibres pour les aliments les plus contributeurs, assortis d’une menace réglementaire en cas de non-atteinte.
    • Sur l’information consommateur, le Nutri-Score est encouragé et fera l’objet d’une expérimentation d’extension volontaire aux produits non pré-emballés et à la restauration hors foyer, avant une éventuelle généralisation. L’affichage environnemental volontaire sera déployé sur les produits alimentaires après une phase de concertation, et l’Origin’Info est promu également.
    • Sur les consommations alimentaires, la SNANC vise augmentation de la consommation de fruits et légumes, de légumineuses, de fruits à coque et de céréales complètes ; une consommation suffisante et limitée de poisson et de produits laitiers et une limitation suivie annuellement de la consommation de viandes et de charcuteries, en particulier importées.
    • Sur la publicité alimentaire, l’exposition des enfants aux communications pour les produits trop gras, sucrés et salés doit être réduite via la Charte alimentaire 2025-2029, avec menace d’une mesure réglementaire si l’auto-régulation s’avère insuffisante.
    • Sur les aliments ultra-transformés (AUT), la SNANC suit les recommandations de l’Anses, dont un avis récent a été publié avant la parution du texte. Elle mandate l’Anses pour poursuivre l’expertise sur l’association entre AUT et santé et ses mécanismes explicatifs, et pour aboutir à une définition opérationnelle des AUT.

     

    La publication a été discrète : communiqué sobre sans conférence de presse. Ce paradoxe politique résume bien le texte : ambitieux dans ses diagnostics, prudent dans ses contraintes.

    Les réactions d’anciens ministres convergent sur un même angle mort : les aliments ultra-transformés.

    Agnès Pannier-Runacher (ancienne ministre de la Transition écologique) salue les avancées sur la végétalisation et le Nutri-Score, mais dénonce un « refus d’obstacle » sur les AUT et annonce poursuivre le combat au Parlement.

    Yannick Neuder (ancien ministre de la Santé) juge le texte « très peu ambitieux » sur ce sujet, qui représente 35 % des apports caloriques des Français, et annonce une proposition de loi pour rendre le Nutri-Score obligatoire et restreindre la publicité ciblant les enfants.

    Enfin, les associations (France Assos Santé, Réseau Action Climat) et Pr Hercberg dénoncent plutôt un triple renoncement : AUT, marketing, consommation de viande, et s’inquiètent d’ambitions sans moyens budgétaires ou contraintes réglementaires à la hauteur.

     

    La SNANC reste un texte d’orientations : les potentielles mesures effectives seront fixées dans les prochains PNNS 5 et PNA 4, dont la publication est attendue dans les prochains mois. La SNANC faisant office de cadre stratégique, on peut donc espérer un PNNS 5 avec des éclairages plus précis.

    Pour les entreprises agroalimentaires, les distributeurs et les opérateurs de restauration hors foyer, quatre chantiers sont à veiller :

    • la reformulation des produits pour anticiper les seuils nutritionnels,
    • les travaux sur une définition opérationnelle des AUT,
    • l’appui accordé sur les scores : Nutri-Score, l’Origin’Info et l’affichage environnemental,
    • et les pratiques marketing ciblant les enfants.

    C’est l’attente majeure : sans cette déclinaison opérationnelle engagée, la SNANC restera un texte de bonnes intentions.

    Pour que ce cadre stratégique se traduise en résultats concrets, un engagement politique soutenu sera nécessaire pour aboutir, dans un calendrier ambitieux et transparent, à des règlements ou des accords collectifs pour améliorer notre système alimentaire.

    Le cas du Nutri-Score est éclairant : resté volontaire depuis 2017, son déploiement a été lent et inégal selon les catégories de produits et les enseignes. Les entreprises ayant choisi de l’afficher tôt ont néanmoins pu en faire un levier de valorisation réel, en anticipant les attentes des consommateurs et des distributeurs.

    La SNANC tire elle-même les leçons de cette expérience en prévoyant, sur plusieurs sujets, une bascule réglementaire si les objectifs ne sont pas atteints. Cette logique de menace réglementaire paraît de nature à donner de la lisibilité aux acteurs et à encourager les investissements dans la bonne direction.

    C’est précisément là que réside l’opportunité pour les entreprises engagées. Celles qui anticipent dès aujourd’hui les orientations de la SNANC (reformulation, transparence des approvisionnements, réduction du degré de transformation, alignement avec les repères nutritionnels) ou qui vont déjà au-delà de ses exigences actuelles, se positionnent comme des acteurs précurseurs d’un système alimentaire qui doit muter.

    C’est un avantage compétitif tangible en termes d’image de marque, de relation de confiance avec les consommateurs, et de crédibilité dans le dialogue avec les pouvoirs publics.

    Pour autant, la SNANC ne bouleverse pas radicalement le paysage. Elle constitue davantage l’amorçe, encore réversible, d’un début de changement de paradigme. Les constats dressés par les précédents PNNS étaient déjà clairs ; cette stratégie se positionne comme un entre-deux ténu, entre continuité et futures régulations potentiellement plus coercitives.

    L’État laisse encore aux entreprises la possibilité de démontrer que leurs engagements volontaires peuvent réellement améliorer la santé publique, mais la fenêtre est étroite : les demi-mesures et actions cosmétiques ne suffiront plus. Les prochaines années seront décisives, et c’est aux entreprises de prouver qu’elles peuvent être contributrices de solutions avant qu’un cadre plus strict ne s’impose.

    Notre rôle chez Nutrikeo et ProteinesXTC est précisément d’accompagner les acteurs de l’agroalimentaire pour transformer cette exigence en avantage stratégique : structurer des démarches ambitieuses, crédibles et impactantes, capables de démontrer leur contribution à la santé publique.

    Aujourd’hui, agir n’est plus seulement souhaitable : c’est un impératif pour préserver sa capacité à se différencier demain.


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