
Recommandations nutritionnelles américaines 2025–2030 : que recouvre réellement l’approche “eat real food” et quoi en penser ?
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Retour sur les derniers événements :
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“Mangez de vrais aliments” voici le message du Ministère de la Santé des Etats-Unis, qui s’inscrit dans la lignée du mouvement “Make America Healthy Again” (MAHA).
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Ce mouvement amorcé il y a plusieurs mois, et dont certaines actions ont déjà transpiré, comme l’interdiction de certains colorants artificiels ou encore le fait d’inciter certains acteurs des BRSA à utiliser du sucre de canne à la place du sirop de maïs, aboutit cette fois-ci, en ce mois de janvier, à la publication des
nouvelles recommandations nutritionnelles 2025-2030 pour la population
américaine. -
Pour lutter contre la « malbouffe » (junkfood) et le développement des maladies chroniques qui y sont liées, les Etats-Unis ont dorénavant pour mot d’ordre de remettre les aliments bruts (realfood) au cœur de la santé.
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Les autorités de santé américaines proposent ainsi une nouvelle pyramide alimentaire qui bouleverse certains repères habituels. Le message principal est clair, il se place en faveur d’une alimentation brute et moins transformée, composée de fruits & légumes, limitée en sucres ajoutés et favorisant l’hydratation par l’eau. Les aliments sources de protéines, y compris animales, sont au premier plan, alors que la place des céréales est plus discrète.
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Ces recommandations invitent également les Américains à se tourner vers des matières grasses considérées comme “saines” et provenant de « vrais aliments » comme les produits laitiers entiers, mais également, pour la cuisson, le beurre ou encore le suif (graisse) de bœuf, pourtant tous les deux riches en acides gras saturés (environ 50%), montrant ainsi la volonté de ces recommandations de faire davantage prévaloir le caractère peu ou pas transformé sur le caractère saturé/insaturé de ces matières grasses.
Notre avis chez ProtéinesXTC :
Ces recommandations sont contrastées et nous surprennent, en partie :
- Moins d’un an après l’International Congress of Nutrition, dont le thème central était la durabilité de l’alimentation et qui rappelait l’importance de la végétalisation des régimes et des systèmes alimentaires, la place des protéines animales dans les nouvelles recommandations américaines peut laisser perplexe, d’un point de vue scientifique.
- Par ailleurs, la forme pyramidale de ces recommandations peut induire en erreur les consommateurs. Le cas des céréales complètes par exemple – situées en bas de la pyramide – suggère qu’elles sont à consommer en fréquence limitée (même si 2 à 4 portions par jour sont recommandées par ailleurs).
- On y préfère, chez ProtéinesXTC, l’approche du PNNS 4 qui oriente les consommateurs en 3 grands mouvements : Augmenter / Aller vers / Réduire.
- Enfin, certaines recommandations vont à rebours de consensus scientifiques (cas des graisses saturées par exemple) et interrogent donc sur l’influence de l’appareil politique sur les organes d’évaluation de la connaissance scientifique. Cela donne d’ailleurs une résonance particulière au statement du Conseil Scientifique de l’Anses paru récemment.
Ces recommandations sont pour autant, pour certaines, dans l’ère du temps et pourraient donner un nouvel élan aux programmes de Santé Publique :
- les nouvelles orientations américaines opèrent un glissement significatif : elles promeuvent explicitement une alimentation fondée sur des aliments bruts et peu transformés. Et même s’il n’existe pas de consensus sur la définition d’aliments ultra-transformés, l’invitation à privilégier des aliments peu ou pas transformés prend une portée particulière aux États-Unis, où l’offre alimentaire repose majoritairement sur des produits transformés.
- ces recommandations accordent la part belle aux fruits et légumes dont les messages associés font consensus : privilégier la variété, les couleurs, et le frais, sans exclure les fruits et légumes surgelés ou en conserve (non sucrés), qui sont clés pour rendre la consommation de 5 portions par jour accessible.
Chez ProtéinesXTC, nous pensons que les nouvelles recommandations alimentaires américaines, malgré leur contraste et contradictions, méritent notre attention, notamment au regard de l’accent mis sur la consommation aliments bruts (frais, surgelés, en conserve…), la meilleure prise en compte de la qualité des aliments et une volonté de moderniser le discours nutritionnel. Surtout dans un pays où l’offre alimentaire se caractérise par une forte majorité de produits considérés comme ultra-transformés (70%) et peu de produits bruts dans les points de vente les plus fréquentés (Ultra-Processed Foods, US FDA, 2025).
Cependant, elles prônent une rupture notable/surprenante avec les anciens repères : augmentation des protéines et repositionnement d’aliments comme les produits laitiers entiers ou certaines graisses dans la pyramide alimentaire.
Ce virage suscite un questionnement quant à la solidité scientifique, car la place accordée aux graisses saturées et à la viande rouge est contradictoire aux liens établis avec les maladies cardiovasculaires, notamment.
Au final, si certaines avancées sont à saluer, plusieurs orientations restent controversées et semblent parfois refléter des compromis politiques ou économiques, plus qu’un consensus scientifique international.
Ces recommandations offrent un cadre de référence utile pour orienter les habitudes alimentaires, mais elles sont à lire avec discernement et esprit critique.
En ce sens, il est peu souhaitable qu’elles soient transposées telles quels dans d’autres régions du monde. Beaucoup questionnent par ailleurs l’impact réel qu’elles pourront avoir sur l’offre alimentaire et les comportements/habitudes alimentaires des consommateurs américains, en particulier les plus défavorisés économiquement.
Les investissements et moyens mis en œuvre pour les mettre en application nous apporteront peut-être une réponse dans quelques années.
Une question ? L’envie d’échanger avec nous ? Contactez nous : contact@proteinesxtc.com
